Les yeux dans les yeux, Thomas Fatôme a soutenu n’avoir jamais voulu disposer du pouvoir d’imposer aux médecins des baisses tarifaires. C’est, en substance, ce qu’avait affirmé le directeur de la CNAM devant les médias lors de la grève historique de janvier 2026. Une déclaration d’autant plus frappante qu’il avait lui-même largement usé de ce pouvoir quelques mois plus tôt, en imposant une baisse à l’imagerie médicale.
Madame la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait d’ailleurs elle aussi promis que ce pouvoir, introduit dans le dernier PLFSS, ne serait pas utilisé. Elle s’était également engagée par écrit, à revenir sur cette mesure contradictoire concernant l’imagerie, afin de redonner de la crédibilité aux propos du directeur de la CNAM, en remettant à plat une réforme qui a fragilisé l’ensemble de la médecine, et tout particulièrement la radiologie. De nombreuses structures étaient déjà en grande difficulté, certaines allant jusqu’à être mises en vente à des acteurs financiers après les premières baisses de 2025 et 2026.
Pensant encore que la démonstration de force et l’unité syndicale avaient porté leurs fruits, nous avons accepté d’écouter les propositions relatives à l’avenant 1 de la convention médicale qui devait concerner entre autre, cette réforme sur l’imagerie. Mais, sans surprise, Thomas Fatôme poursuit aujourd’hui les baisses qu’il avait déjà imposées auparavant, bafouant ainsi sa parole comme celle de la ministre.
Nous n’avons pas de temps à perdre à écouter des responsables dont la crédibilité est désormais nulle et dont, nous l’espérons, les jours à la tête de ces institutions sont comptés. Nous ne signerons évidemment rien avec une institution qui ment et ne respecte ni sa parole ni les professionnels avec qui elle prétend discuter.
J’espère que ces institutions mesurent la colère qui monte dans toute la profession et qui, à l’approche d’échéances majeures comme la révision de la CCAM, le prochain PLFSS et bientôt les élections aux URPS, dépassera largement celle qui a mis toute la profession dans la rue au mois de Janvier.
Dr Henri GUERINI
Vice président de l’UFML-S