
Et quand j’entends un assistant parlementaire essayer de minimiser l’extraordinaire élan de solidarité des libéraux qui ont spontanément et sur le champ interrompu leur mouvement de grève en opposition légitime à cette loi santé qui bafoue ces valeurs déontologiques qu’ils étaient venus défendre et auxquelles une nouvelle fois ils ont fait honneur. Quand je l’entends minimiser leur travail sous prétexte qu’à Grenoble ou Bordeaux ces mêmes libéraux n’ont pas dû avoir de grandes répercussions des attentats de Paris. Eh bien à Toulouse, moi libérale j’ai donné, au sens littéral et libéral du terme, de mon temps pour écouter Marguerite. Parce qu’être médecin ça ne se quantifie pas, ça ne se protocolise pas, ça ne se sur-administre pas. Ça se vit, au quotidien, du soir au matin. La médecine est un art. L’humain est imprévisible et la médecine doit pouvoir continuer à s’adapter ainsi, du jour au lendemain, de l’instant T, insouciant à celui d’après. Respectons l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de notre mission, respectons les secrets que nous continuerons à taire, respectons le libre choix du praticien par nos patients, seul garant de l’installation de ce colloque si singulier indispensable à l’apaisement dans un climat de confiance.
De mon activité mixte, publique et privée, en plus de bénévole moi nantie, corporatiste, mue par des intérêts uniquement privés comme je l’entends trop souvent, aujourd’hui je me sens libérale ! Je suis libérale et vous demande, une nouvelle fois Mme la Ministre, Mme Marisol Touraine, d’abandonner cette folle idée d’anéantir notre système solidaire de santé exceptionnel. Je vous demande le retrait de cette loi qui s’offre le luxe de cristalliser contre elle une colère suivie par plus de 90% des libéraux, 70% des cliniques privées, les dentistes, les opticiens, les infirmières, les kinésithérapeutes en somme tous les soignants et de plus en plus de patients avertis.
Avec mes respectueuses salutations,