Marguerite Cazeneuve bonjour,
Tout était hors sol dans ces négociations et vous le savez.
1/ Des négociations qui au départ n’abordaient que de façon subalterne la question des rémunérations.
2/ Des séances plénières sans documents ou datas/données jamais fournis à l’avance.
3/ Des présentations présentées en séance « ni fait ni à faire ».
4/ Des bilatérales ou seules les propositions de la CNAM étaient présentées sans jamais de véritables échanges au sein d’un périmètre de discussion et d’une classification des priorités définis par la seule CNAM.
5/ Des axes tabous pour la CNAM qui sonnaient comme autant de volonté de discussion dans son seul périmètre par exemple : le secteur 2, j’y reviendrai.
6/ Un piège mortifère construit par la verticalité, Macron décide (conseillé par une équipe faite de personnalités qui ne représentent en rien l’exercice de plus de 95 % des libéraux), Braun relaie, la pensée de l’être solaire, le directeur de l’assurance maladie exécute ce qui est de fait devenu un dogme (on se souvient du « le président a décidé que »). Dans cette verticalité il n’y a aucune place pour le concept même de négociation paritaire.
7/ Un parlement qui (avec l’onction présidentielle) shunte les négociations au travers de PPL très « préparées » en amont entre Renaissance, Horizon, le PS ou ce qu’il en reste, les LR etc. qui vont autoritairement modifier l’organisation même de la profession médicale libérale en s’attaquant à ses fondements mêmes.
Actions dont l’assurance maladie est parfaitement au courant.
8/ Des idées fausses ou manipulatoires parce que partielles, relayées par l’assurance maladie : « les jeunes ne veulent pas s’installer en libéral » sans aborder la cause (ce qu’il est advenu du libéral après les 30 dernières années de conventions) avec la volonté d’en faire des éléments de fondations de l’idéologie qu’elle défend : problème, on ne construit pas sur des éléments manipulatoires ou partiels à moins de baser sa construction sur le viol du partenaire.
Comment en sortir ?
D’abord en posant quelques évidences :
1/ La construction commune passe par des règles communes qui ne peuvent être respectées qu’au sein d’un vrai partenariat.
Respecter son partenaire, c’est lui fournir les éléments de travail des jours avant chaque réunion mais aussi les datas/données qu’il demande (datas qui ne sont pas, rappelons-le, la propriété de l’assurance maladie)
2/ Tous les axes de réflexions doivent être abordés et pour cela, les représentants des médecins doivent être considérés comme des experts ( au moins ceux-là sont connus et face au partenaire assurance maladie, à la différence de ceux agissant dans l’ombre auprès du président de la république avec ou sans succès) et leurs orientations se doivent donc d’être étudiées et toute opposition doit être argumentée autrement qu’avec des haussements d’épaules, des regards au ciel, ou des « ce n’est pas notre orientation ».
3/ Si le directeur de l’assurance maladie à mandat pour vraiment négocier il faut le dire, si tout se décide au château puis au parlement, également.
4/ Il faut sortir de la logique folle de l’ONDAM au moins pour le fait tarifaire.
4’/ Si l’assurance maladie ne dispose pas des possibilités économiques suffisantes pour permettre un développement réel de la médecine libérale, alors, ce qui existe pour les spécialistes d’organes et à PTL doit être permis à tous les MG : l’accès au S2 doit être ouvert à tous.
Lorsque le directeur de l’assurance maladie limite les hausses tarifaires à 1€50, à des consultations complexes limitées en nombre ou des actes encadrés et limités, le constat doit être fait qu’il n’y a pas de possibilité ou de volonté de permettre le développement économique de la médecine libérale. L’ouverture du S2 à tous doit donc être explorée, de fait, Raymond Barre n’était pas un ultra libéral et pourtant…
5/ Il faut construire des « blocs de négociation » et non une « négociation générale » brouillonne et … voir plus haut.
Ces blocs de négociation doivent être déclinés les uns après les autres au sein d’un calendrier défini avec la profession.
Exemple : le numérique, les discussions doivent aller bcp plus loin que la téléconsultation ou la télé-expertise, la révolution de l’IA et ses conséquences doivent être abordées.
6/ Sans doute le point le plus important…
L’assurance maladie doit retrouver son statut de droit privé, ou d’organisme réellement indépendant.
La justice est « normalement » indépendante de toute influence politique, il doit en être de même pour l’assurance maladie qui ne doit plus, par la loi, être passeur de plats….
Dans l’attente et parce que malgré toutes les bonnes volontés, les attaques contre la médecine libérale vont continuer… : https://deconventionnement.fr
Docteur Jérôme Marty
Président de l’UFML Syndicat