
Progression de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de ville à 0,9 % et mesures anti-libérales du PLFSS : l’UFMLS dénonce un sacrifice de la médecine de ville sur l’autel du court-termisme et de l’idéologie.
Alors que la médecine de ville prend en soin 95 % des patients et que le tissu libéral, seul à même d’amener le soin au patient sur tout le territoire, se doit d’être renforcé, le PLFSS 2026 organise leur disparition. Alors que l’investissement dans la médecine et les soins libéraux doit progresser chaque année pour garantir qualité et efficacité de notre système sanitaire, choix est fait de l’appauvrir et de lui retirer les moyens de soigner chaque Français avec le niveau d’exigence que chacun d’eux est en droit d’attendre.
Le PLFSS vient ajouter à cet appauvrissement organisé des soins de ville, par une progression de l’ONDAM annoncée à 0,9 %, différents articles dangereux pour la médecine de ville et pour les patients dont elle a la charge :
Article 24 – « Lutte contre les rentes » en radiologie : qui pourrait instituer dans la loi de financement le fait que les radiologues français sont des profiteurs de souffrance.
Article 26 : sorte de loi de l’enfermement qui vise à renforcer les incitations au conventionnement et la maîtrise des « dépassements d’honoraires » présentés comme responsables d’inégalités d’accès au soin, par une sur-cotisation dès l’année 2026 des revenus issus des dépassements ou du non-conventionnement, et sa réévaluation par voie règlementaire.
De fait, cela renforce, par la loi, l’enfermement des médecins dans un système maintenu dans l’incapacité de les honorer à la hauteur de leurs rôles et de leurs responsabilités. Cela ne tient aucunement compte de l’impact du secteur 2 comme booster aux installations et à la qualité des soins, et donc à la favorisation de l’accès au soin, dans notre système socialisé par des cotisations d’assurance maladie obligatoire et complémentaires.
Article 28 : qui accroît la régulation des prescriptions des arrêts maladie et limite la durée des primoprescriptions sans aucune assise scientifique de la définition de cette durée et sans aucun lien avec la pratique médicale de terrain. Cela va provoquer des consultations inutiles et augmenter encore l’épuisement physique et psychique des acteurs, alors que parallèlement augmenteront encore les sanctions envers les prescripteurs.
Article 30 : qui accélère le déploiement des outils numériques d’aide à la prescription et à la décision médicale des professionnels de santé en intéressant les gérants de ces sociétés aux économies réalisées grâce à ces outils. Choix est donc fait de flécher les retours sur investissements vers des non-soignants, vers des sociétés souvent cotées en bourse et survalorisées, plutôt que de valoriser les soignants de fait responsables devant la loi des soins pratiqués et des économies à court, moyen et long termes engendrées par ceux-ci.
Article 31 : qui rend obligatoire l’alimentation du Dossier Médical Partagé (DMP) et sanctionne à hauteur de 2 500 euros chaque manquement constaté, sans pouvoir dépasser 10 000 euros. La LFSS pourrait donc instituer la pénalisation pour mauvais renseignement du DMP, sans tenir compte de l’impact de la pression de la demande de soin et de celui du temps de soin sur ce renseignement.
Ces quelques articles, ajoutés à la volonté de sous-évaluer la progression de l’ONDAM pour la médecine et les soins de ville, annoncent un désastre : la multiplication des déplaquages et l’effondrement des vocations.
Notre système de santé va mal, nos professionnels de santé vont mal, ils sont épuisés sous une pression du soin constante, au sein d’un système qui ne tient plus que par leur engagement quotidien, souvent au-delà du raisonnable.
Les abandons se font plus nombreux, au cours des études, en début, en plein ou en fin d’exercice… C’est donc en zone de fragilité que vient frapper ce PLFSS.
L’UFMLS a saisi dès hier soir Madame Stéphanie Rist, Ministre de la Santé, devant le risque grave de déstabilisation sanitaire. Nous appelons à la réévaluation d’un ONDAM qui, sous-évalué, ne permettra pas le maintien d’une médecine d’excellence et, au final, induira des dépenses sans commune mesure avec les économies court-termistes visées, ainsi qu’à la réécriture des articles qui agressent et pénalisent une médecine de ville, pilier indispensable de notre système de santé.
Si on rajoute à tout cela le doublement des franchises, on obtient une baisse annoncée du nombre de malades et une hausse des difficultés à se soigner pour chaque Français…
Dr Jérôme Marty
Président UFMLS











Haha, quelle pléthore dinitiatives bien calibrées pour rendre notre dear bon système de santé encore plus… dynamique ! Flécher les ROI vers des non-soignants ? Excellente idée, on apprendra peut-être comment faire de la pharmacie sans être pharmacien. Et la régulation des arrêts maladie pour éviter les consultations inutiles ? Ça va certainement faire débat avec les patients qui nont pas le temps de se faire tester ailleurs. Bon courage à nos professionnels, ils sont de véritables héros qui tiennent bon sous la pression, surtout avec ces mesures qui les valorisent (entre parenthèses) si bien. LUFMLS a bien fait de salarmer, ce PLFSS, cest du vif-argent pour le paysage médical… ou plutôt, une mise en scene très théâtrale !act two ai video