Je me demande si nous prenons tous la mesure de ce qui nous arrive

Andre Natowicz

Andre NatowiczJe me demande si nous prenons tous la mesure de ce qui nous arrive, alors que la loi Touraine est en train de passer. Vu la médiocrité des politiques, ce n’est pas surprenant.

Nous ne sommes plus attaqués sur des points de détail, nous ne sommes pas réduits à la marge. Nous subissons une destruction méthodique de notre outil de travail, de nos valeurs communes, de notre place dans la société. Inutile de faire appel aux moments les plus abjects de notre Histoire : le fascisme est vivant. Nous avons face à nous des individus pour lesquels notre présence même est intolérable, parce que nous représentons une des toutes dernières corporations libres dans une société totalitaire, totalement inféodée aux forces de l’argent.

Avec les autoroutiers, on négocie, avec les journalistes, on discute. Avec les médecins, on tape dans le tas, à coups de matraques ou de battes de base-ball, avec les arguments rebattus du bien commun, sauf à l’égard de ceux qui le font. C’est le signe incontestable de notre faiblesse, nourrie à la fois du sens du devoir, de la trituration maladive des idées, de « l’intérêt des patients » qui ont toujours bon dos, de l’excès de travail qui évite de penser trop.

Nous avons, depuis l’arrivée de Touraine aux affaires, subi le flot le plus sordide des menaces et des insultes pour des fautes que nous n’avons pas commises. Nous avons vu comment un cabinet ministériel met tout en œuvre pour casser la confiance que nous donnent encore nos patients.
Nous avons vu les collabos de la première heure, les syndicats marrons, faire le travail de sape qui leur était demandé. Nous voyons aujourd’hui encore un Leicher affligeant qui ne sait plus comment se sortir de son malheureux faux-pas, qui aurait pu laisser croire qu’il s’opposait à quelque chose. Nous pouvons admirer la ténacité de la CSMF qui affirme pour encore quelques jours qu’elle s’oppose au plan d’extermination ourdi par ses maîtres de toujours (tout en reprenant toutes nos idées et se rapprochant de nous du fait de la pression de la base).

Nous voyons la pitoyable danse des internes qui déjà obéissent. Nous voyons que l’Ordre des Infirmiers est de trop dans ce système, il doit disparaître. Pour les médecins, Ça sera plus subtil : il va rester, mais il sera soumis. Comme les syndicats : ils vont rester, mais on cachera soigneusement qu’ils sortent de facto du jeu, puisque la loi s’impose face à toute mascarade de « convention » qui ne servira qu’à donner le change aux naïfs qui y croiront encore.

J’écris ce post pour répéter ce que je crois depuis le début : plus que jamais, l’UFML est notre maison commune. Nous n’avons plus la liberté de disserter sur la façon ou le rythme par lesquels nous serons contraints. Nous ne pouvons plus discuter des détails pour oublier le fond. Il va bien falloir que notre corporation se relève enfin. Si nous nous couchons, ne nous trompons pas, la barbarie aura bel et bien gagné.

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