Médecins,
Depuis quand sommes-nous réduits à obéir aux critères et obligations imposés par les CPAM pour espérer des bons points ?
Depuis quand les médecins s’abaissent à cocher des cases, remplir des tableaux et des cahiers des charges pour espérer quelques friandises ?
Depuis quand avons-nous vendu notre honneur, notre indépendance, notre liberté d’exercice pour des forfaits qui nous asservissent ?
Depuis quand avons-nous abandonné le paiement à l’acte, principe fondateur de l’exercice libéral, au profit de subventions encadrées par des administratifs, totalement déconnectés du terrain ?
Rappelez-vous que le SEGUR DE LA SANTE a déversé 30 MILLIARDS à l’hôpital public quand les médecins libéraux n’ont eu que 800 MILLIONS !
30 MILLIARDS alors que 30% du budget hospitalier ne bénéficie pas aux soins !
Aux médecins libéraux, ces oubliés, ces nantis qui demeurent, au grand dam des politiques, un pilier fondamental et incontournable du système de santé, ont été proposés un contrat lénifiant digne du sacerdoce et une mirobolante majoration de 1,5 euros/acte !
Or l’enveloppe budgétaire tant espérée pour les futures négociations conventionnelles des médecins libéraux ne dépasserait pas les 1,5 MILLIARDS.
Et le président Macron, dans une volonté Jupitérienne, martèle qu’il aspire à 1000 CPTS en France pour couvrir tout le territoire.
Les CPTS, c’est la promesse d’une contractualisation des soins avec une obligation populationnelle dédouanant l’Etat de ses responsabilités régaliennes.
Les CPTS sont autant de pièges qui se refermeront sur les médecins libéraux, broyés entre un management autoritaire et une dévalorisation des soins !
Des médecins prêts à se plier en 4 pour obtenir des ACI, forfaits et subsides, leur imposant de répondre aux critères et obligations imposés par des CPAM les réduisant au rôle de simples exécutants.
Les CPTS, c’est la démonstration du mal français qu’est la suradministration stérile confortant la loi de Parkinson : de l’administration boulimique exigeant encore plus d’administratifs, de coordinateurs profitant de budgets qui devraient être dévolus aux soins.
Honte à ceux qui considèrent qu’avant les CPTS, nos exercices étaient isolés, sans coordination ni attractivité.
Promouvoir avec angélisme les délégations de tâches, les transferts de compétences, les expérimentations à l’emporte-pièce, c’est promouvoir la mise à mort de la médecine libérale, c’est abandonner la qualité des soins pour une offre de soins quantitative.
Et la FCPTS, instance non représentative, devient un acteur politique de circonstance auquel on déroule le tapis rouge, pour mieux affaiblir les syndicats de médecins et les instances d’élus, les URPS.
Mais quelle est la plus-value réelle des CPTS ?
Ont-elles fait la preuve de résultats probants en termes de prises en charge et des soins ?
Y a-t-il une étude sérieuse qui fait la démonstration de leur efficacité ?
Avec seulement 20% des médecins adhérents aux CPTS, ce modèle est un échec et fait la démonstration de son incompétence en termes d’organisation du système de soins.
Ainsi, accélérer aveuglément pour couvrir 25% du territoire en moins d’un an à marche forcée pour le bon plaisir présidentiel est une folie.
Endoctriner les médecins, les sensibiliser dès l’internat à la juste cause pour y adhérer n’a pour but qu’avoir des bataillons de bons soldats.
Médecins,
Défendez votre liberté,
Défendez votre indépendance d’exercice,
Refusez ce mirage, ce cheval de Troie que sont les CPTS.
Il est temps de retrouver notre plaisir d’exercice, la confiance en nous, le respect de nos pairs et des autres soignants.
REJOIGNEZ LE COMBAT de l’UFMLS, le seul syndicat qui s’est toujours opposé à cette organisation des soins, asservissante et méprisante.
Dr Guillaume DEWEVRE, Secrétaire Général de l’UFMLS & Dr Jérôme MARTY, Président de l’UFMLS