Déremboursements: quand l’Etat joue au bonneteau avec vos cotisations !

  1. Blocage tarifaire et non revalorisation des actes de nombreuses spécialités médicales = développement du secteur 2 = désengagement de l’Assurance maladie.
  2. Modification du régime des contrats responsables avec limitation du remboursement des honoraires complémentaires = augmentation des restes à charge = désengagement des assurances maladies (sécu et complémentaires.)
  3. Développement des réseaux de soins en optique, audioprothèse et dentaire et demain possiblement en médecine = organisation du soin par les assurances complémentaires et désengagement de l’assurance maladie
    Développement de plateformes commerciales de téléconsultation et télémédecine = ouverture au remboursement intégral par les assurances complémentaires = désengagement de l’Assurance maladie…

L’Etat depuis des années désengage l’assurance maladie dans le dos des cotisants et livre le soin à des intérêts privés, et cela s’accélère, la preuve en trois exemples :

  • Réforme des arrêts de travail : l’Etat veut faire payer aux entreprises les indemnités journalières versées aux salariés en cas d’arrêt-maladie de moins de huit jours = l’Etat désengage l’assurance maladie et livre son champ de responsabilité au privé qui devient “responsable et coupable” des arrêts de travail.
  • Réforme des transports en Soins de Suite et Réadaptation : l’Etat veut faire payer aux établissements de soin les transports en lien avec les consultations, examens ou imageries = l’Etat désengage l’assurance maladie de son champs de compétence et de responsabilité.
  • Réforme du paiement à l’épisode de soin : l’Etat souhaite définir un forfait qui permettrait de rémunérer l’ensemble des intervenants du soin autour d’une pathologie (chirurgicale par exemple), ou encore de soins post opératoires, rééducation, suivi en médecine de ville, et qui exclurait les complications de cette enveloppe : L’Etat désengage l’Assurance maladie d’une part du soin précédemment prise en charge.

Quels sont les risques de ce bonneteau estival en bande organisée ?

Pour les arrêts de travail : la pénalisation des petites et moyennes entreprises déjà lourdement pénalisées par la conjoncture économique et les échecs continus des politiques économiques successives. Étranglées par les charges, pressurisées par les contraintes et l’administration beaucoup ne pourront faire face, les autres se fragiliseront ou préféreront se séparer des salariés les plus fragiles.
Les entreprises les plus grosses, elles, chercheront à augmenter le nombre de jours de carence et privilégieront leur protection à l’intérêt économique ou social.
L’Etat vendra du rêve et justifiera lui sa réforme par l’amélioration induite des conditions de travail due à l’investissement des entreprises, promettra des primes à l’engagement…

Et ira s’asseoir sur les fermetures et les pertes d’emplois…

Pour les transports : les établissements sanitaires impactés pourraient chercher à diminuer le nombre de transports afin d’en minorer la dépense. Les examens, les consultations seront repoussés afin d’être réalisés à domicile, avec le risque de perte de chance. Les groupes de cliniques achèteront ou créeront leur propre compagnie d’ambulances afin de favoriser une économie circulaire. Les ambulanciers indépendants, déjà fragilisés pourraient ainsi disparaître…Pénalisant les patients…

Pour le forfait à l’épisode de soin : L’Etat rendrait les soignants responsables et coupables des difficultés possibles après un acte médical lourd, les établissements qui percevraient l’enveloppe de rémunérations liées à des statistiques de performances pourraient alors chercher à exclure les patients à risque de complications des champs opératoires…

Ces trois réformes en cours et à venir sont la continuité des réformes précédentes , l’Etat dans votre dos (nous sommes tous cotisants, et tous des patients en devenir) désengage l’assurance maladie…

La loi de modernisation de la santé a rendu l’Etat responsable de l’assurance maladie, sa main posée dessus, sans intérêt sanitaire, dans une politique à courte vue, véritable bonneteau sanitaire et social il la désengage.

Dr Jérôme Marty, président UFML-S

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