Nous allons nous retrouver des milliers à marcher pour la médecine, au-delà de nos différences d’exercice, de secteurs d’activité, de statuts… Tous ensemble : externes, internes, chefs de cliniques et assistants, médecins installés, retraités actifs, fédération hospitalière privée, tous ensemble, un seul combat : la médecine, et au travers de celui-ci un seul but : la protection du patient.
Il n’est pas de combat médical qui ne concerne le patient et celles et ceux qui parlent de corporatisme montrent leur méconnaissance totale du sujet et, de fait, leur paresse intellectuelle gavée de populisme et d’idéologie.
Oui, c’est pour les patients que je me bats, lorsque je défends l’indépendance professionnelle, tant une médecine aux orientations professionnelles et à l’exercice encadré et pénalisé par une administration aux ordres des intérêts économiques ou politiques du moment est dangereuse pour le patient, tant la maladie ne connaît pas d’arrêt ou de suspension sous ses intérêts économiques…
Oui, c’est pour les patients que je me bats quand je refuse que le directeur de l’Assurance maladie ait un pouvoir discrétionnaire sur l’exercice des médecins. La médecine est chose trop sérieuse pour être dirigée par d’autres intérêts que l’intérêt du soin.
Oui, c’est pour les patients que je me bats lorsque je m’oppose à l’obligation de renseignement par les données des patients que je soigne, du dossier médical partagé, sans avoir de garantie de son inviolabilité ou de l’exploitation qui pourrait être faite de ces données, notamment demain ou après-demain par les mutuelles et assurances complémentaires. Je suis médecin, garant du secret médical, garant de la protection de mes patients et de leur histoire.*
Oui, c’est pour les patients que je me bats lorsque je dénonce les propositions de lois ou travaux qui appellent à interdire ou fragiliser les honoraires complémentaires. L’Assurance maladie a en effet déremboursé les actes de nombreuses spécialités médicales en bloquant toute évolution de leurs tarifs de base depuis plus de 30 ans ! Dès lors, seuls les honoraires complémentaires, pratiqués avec tact et mesure, permettent à ces professions d’exercer, d’exister et d’investir. Ne pas comprendre cela, c’est provoquer leur disparition et augmenter les difficultés d’accès aux soins jusqu’au drame.
Oui, c’est pour les patients que je me bats lorsque je refuse le déremboursement des prescriptions des médecins déconventionnés et ce que cela va coûter à des centaines de milliers de patients cotisants, pourtant de façon obligatoire, à l’Assurance maladie.
Oui, c’est pour les patients que je me bats lorsque j’appelle au maintien, par là même, d’un conventionnement volontaire, dont l’attractivité est renforcée par la concurrence de la possibilité d’un exercice hors convention viable économiquement, et non d’un conventionnement rendu obligatoire et devenant de fait un enfermement puisqu’il serait sans autre alternative.
Oui, c’est pour les patients que je me bats quand je m’oppose à la taxation de l’exercice des médecins retraités actifs et au risque induit de leur arrêt d’exercice.
Oui, c’est pour les patients que je me bats lorsque, aux côtés des plus jeunes d’entre nous, je dénonce le dévoiement et l’impréparation d’une dixième année de médecine, qui n’accélérera en rien les installations.
Oui, c’est pour les patients que je me bats lorsque je mets tout en œuvre pour éviter les déplaquages de médecins non atteints par l’âge, les expatriations, les abandons de cursus universitaire en lien avec des lois et décrets qui brisent les fondements de nos exercices.
Oui, c’est pour les patients que je me bats quand je dénonce le scandale absolu qu’est devenu le fonctionnement d’organismes d’assurances complémentaires qui augmentent leurs cotisations de 4 à 6 % chaque année, quoi qu’il arrive et quoi qu’il en coûte, pour rembourser toujours moins.
Oui, c’est pour les patients que je me bats quand je refuse la casse de notre système sanitaire, de notre bien commun.
Oui, c’est pour les patients que je me bats quand je dénonce le sous-financement dangereux de la médecine libérale et des établissements de santé privés, alors que la médecine libérale prend en soin 90 % des patients sur le territoire de France, et que plus de 55 % des actes chirurgicaux sont faits en cliniques privées. Ce sous-financement, validé en conscience par la représentation nationale, alors que la demande de soins ne cesse d’augmenter du fait de l’augmentation de la population, de son vieillissement, de la précarité, de difficultés d’accès aux soins qui provoquent des retards de diagnostic ou de prise en soin, est dangereux en termes de qualité des soins et relève d’une maltraitance sanitaire organisée, et je refuse d’être un médecin maltraitant !
Oui, c’est pour les patients que je me bats, pour vous toutes et tous, tant l’engagement d’un médecin, l’engagement d’une vie, c’est d’abord cela.
Je me bats pour vous et vous appelle à soutenir ce juste combat aux côtés de vos médecins partout sur tout le territoire.
Pour soutenir vos médecins : jesoutiensmasante.fr
L’article sur le renseignement obligatoire du DMP a été considéré comme « cavalier législatif » par le Conseil constitutionnel ; il n’a pas été jugé illégal et pourrait donc être réintroduit dans un autre texte à tout moment.
Dr Jérôme Marty,
Président du syndicat UFMLS











