Un canapé n’est pas une réforme…

Assis derrière son bureau il souriait : la pression enfin semblait retomber, les mots se faisaient moins durs, une certaine écoute apparaissait, il y avait un changement incontestable et, les réformes engagées pouvaient laisser penser à une amélioration.

Un vote ne venait-il pas d’avoir lieu qui validait l’amélioration des conditions de vie ? Après 5 ans de régime autoritaire, le nouveau gouvernement allait installer un canapé moelleux dans sa cellule…

Cette parabole n’est pas sans rappeler ce que nous vivons et, si les observateurs institutionnels ou médiatiques oublient la réalité des murs, il est du devoir de l’UFML-S de rappeler leur existence.

Agnès Buzyn a, c’est un fait, tourné le dos aux années Touraine, elle parle aux médecins, elle parle des médecins, et compte sur eux pour l’aider à construire le système de santé. C’est un changement indubitable au regard de la mandature précédente pendant laquelle JAMAIS le mot médecin n’était prononcé et pendant laquelle la ministre parlait de lois faites pour les patients, comme si pour cela il fallait nécessairement s’opposer aux médecins.

La forme donc a changé, qu’en est-il du fond ?

La loi de modernisation de la santé s’applique, et seul le Tiers payant généralisé a été transformé en un « généralisable » dont les observateurs les plus avertis peinent encore aujourd’hui à définir les contours.

L’État est responsable de la politique de santé, seul maître à bord d’un vaisseau dont les ARS sont les officiers.

Les Groupements Hospitaliers de Territoires se développent et étendent un pouvoir sans partage sur la médecine hospitalière et la ville.

Les syndicats de médecins sont libres de discuter avec l’assurance maladie au sein d’un périmètre défini par le ministère enterrant ainsi la notion même de paritarisme.

Le Dossier Médical Partagé est aux mains de l’assurance maladie, la base de données patients se renseigne et ses données peuvent toujours être vendues aux assurances, mutuelles et autres entreprises privées.

Les réseaux de soins n’ont pas été dénoncés et installent des offres de téléconseil, télémédecine et autres options assurantielles.

L’assurance maladie poursuit sa mission d’organisation et de concrétisation de “nouveaux modes de rémunérations”, suite logique de la rémunération sur objectif de santé publique, tels que : paiement à l’épisode de soin et autres forfaits, dont l’architecture doit imposer une pratique basée sur la rentabilité du système.

Le régime des contrats responsables qui intéresse plus de 90 % des assurances complémentaires n’est pas modifié et offre toujours un avantage fiscal contre la limitation des remboursements des compléments d’honoraires ( cadeaux obscènes de Marisol Touraine aux mutuelles qui a provoqué une augmentation historique des restes à charge des Français).

Les déserts médicaux se multiplient malgré les maisons, les primes et les subventions, les SISA et autre travail en équipe imposée.
Le directeur de l’assurance maladie définit toujours accusations, jugements et peines des médecins libéraux..

Cette liste non exhaustive représente les murs de la cellule.

Chaque médecin, chaque soignant les a vus grandir avec l’importance et le poids de l’administration.

Ces murs, chaque médecin, chaque soignant les a vus se rapprocher alors que la gouvernance du système se liait à la technostructure.
Détruire les murs, ouvrir l’espace c’est accepter de changer le modèle de gouvernance, pour qu’à chacun de ses étages les soignants aient toute leur place, dans chaque institution, agences, hôpitaux, cliniques…

Détruire les murs c’est accepter de remettre en cause 30 ans de défiance.

Loin de nous satisfaire d’un canapé moelleux, nous avons cette ambition, nous portons ce combat.
Rien ne sera possible sans cette modification de la gouvernance, sans cette révolution de la confiance.

Dr Jérôme Marty
Président de l’UFML-S

 

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