Se battre n’est pas être révolutionnaire, c’est être citoyen

Pins uliss

Pins ulissJe suis venu de Corse pour la manifestation du 15/03/2015, je suis revenu de Corse pour les enfants d’Hippocrate. Nous partîmes 40 000 mais par un prompt désistement, nous nous vîmes 200 en arrivant à l’Assemblée Nationale.

Savez-vous ce que j’ai entendu de retour sur mon île ? « Que j’étais un révolutionnaire, que j’allais finir en prison » !?.
Pourtant aucune chose illégale dans des actions de contestation, qui de plus ont été programmées et autorisées.

Qu’est-ce donc ? La peur de dire que je veux garder ma liberté ? Entendre cela, ici en Corse, un comble ! Une terre de culture, une terre rebelle qui revendique à longueur de temps sa différence, sa liberté d’exister en dehors de l’uniformisation rampante. Suffit t-il donc qu’un Corse soit devenu médecin pour qu’il perde tout idéal ?

Quelle déception d’une profession stigmatisée à longueur de temps.
Comment oublier les efforts à fournir pour devenir médecin, la responsabilité écrasante que l’on prend quotidiennement, la peine que l’on endosse, le chagrin que l’on éprouve, les heures que l’on passe au travail.
Comment oublier qu’il n’est pas aisé d’être médecin, que l’on doit en être fier !

Pourtant on ne peut être libre que par un nouveau combat, et c’est le fait de le mener, de se battre pour notre liberté qui rend libre. La liberté ce n’est pas cette loi qui nous la donnera. Il suffit de lutter contre la dictature pour être libre. L’homme qui lutte pour ce qu’il croit juste est un homme libre. La liberté, il faut la prendre, personne ne nous la donnera parce qu’on la quémande. (Ignazio Silone Le pain et le vin, 1937).

Spartacus incarne la figure héroïque de la liberté. C’était un instrumentum vocal. Un esclave, un outil, mais un outil qui a une voix. « Rapporte-leur ce que dit notre voix. Nous disons que le monde en a assez d’eux, assez de votre Sénat pourri et de votre Rome pourrie. Le monde en a assez de la richesse et de la splendeur que vous avez amassées aux prix de notre sang. Le monde est las d’entendre la chanson du fouet.» (Howard Fast, Spartacus, 1960).
Nous aussi nous avons une voix, faisons la entendre à l’unisson !

La conquête de notre liberté passe nécessairement par le refus de la fatalité, du destin, de la passivité, car si l’on croit que tout est déjà joué d’avance, pourquoi alors se battre ? La conquête de notre liberté passe donc préalablement par une transformation de notre manière de penser. Il faut admettre qu’il n’y a pas d’autre destin que celui que nous nous forgeons. (Nicolas Machiavel, Le Prince, Chap. XXV).

Comme déjà l’expliquait La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire, un des plus grands dangers pour les libertés consiste dans l’indifférence et notre démission. Cette notion fut aussi explorée par Kant.
« La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchis depuis longtemps d’une direction étrangère, restent cependant volontiers leur vie durant, mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser en tuteurs des premiers. Il est si aisé d’être mineur ! La grande majorité des hommes tienne aussi pour très dangereux ce pas en avant vers leur majorité, outre que c’est une chose pénible, c’est ce à quoi s’emploient fort bien les tuteurs qui, très aimablement, ont pris sur eux d’exercer une haute direction de l’humanité. Il est donc difficile pour chaque individu de sortir de la minorité, qui est presque devenue pour lui nature. »
(Emmanuel Kant, Qu’est-ce que les Lumières ? 1784).

On a subi longtemps des maux supportables. Mais nous sommes maintenant dans une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant à nous soumettre.
Alors on s’est réveillé, nous ne sommes plus absorbés par la jouissance de notre indépendance privée, et dans la poursuite de nos intérêts particuliers, nous ne renonçons plus à notre droit de partage dans le pouvoir politique. Nous sommes à la croisée des chemins, à l’endroit et au moment où l’on doit rappeler au gouvernement, qu’il doit nous entendre. Notre République dont le principe est un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Se battre n’est pas être révolutionnaire, c’est être citoyen.

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