Revue de presse du 16 avril 2021

Le Quotidien du médecin

Négociations conventionnelles : l’UFML cherche à former un bloc libéral avec la FMF et le SML

Les élections professionnelles ayant rendu leur verdict, est-ce le début des grandes manœuvres chez les syndicats de médecins libéraux ? « Notre volonté est de nous placer sur une ligne de construction et d’union. Pour autant, on ne rentrera pas dans un moule », a prévenu ce vendredi le Dr Jérôme Marty, président de l’UFML-S (Union française pour une médecine libre – Syndicat).

Rapprochements

Cette association devenu un syndicat seulement en 2017, qui a récolté 17 % des suffrages exprimés dans chacun des deux collèges (généralistes et spécialistes) pour sa première participation aux élections aux URPS, compte désormais « pousser ses idées » dans les négos conventionnelles, avec le renfort d’autres forces. « Cela passe certainement par des alliances car il suffit souvent d’une étincelle pour faire démarrer un feu, avance le généraliste de Fronton. Il faut peut-être amener les personnes autour de la table à aborder des questions qui ne l’étaient pas jusqu’à présent. »

Pour y parvenir, le syndicat appelle déjà la FMF et le SML au rassemblement, deux syndicats avec qui « les points d’accord sont plus nombreux que ceux qui nous séparentOn appelle les deux centrales polycatégorielles à se regrouper derrière les idées de défense de la médecine libérale ». « La ROSP, les forfaits et le paiement à l’épisode de soins, çe n’est pas la médecine libérale », confie le Dr Marty.

Une façon aussi de préempter le rapprochement des syndicats médicaux, chacun ayant fait le constat d’une balkanisation délétère pour la profession. À en croire l’UFML, un tel rassemblement pourrait s’opérer avec la création d’une structure commune (sorte de GIE) où « chaque syndicat garderait son existence propre sur le plan juridique ».

Axe

Cet appel ne concerne pas la CSMF, une centrale qui « s’est perdue dans un syndicalisme au parcours institutionnel »« en ayant signé tout et n’importe quoi ». « On ne se retrouve pas dans ce syndicalisme responsable de la dégradation des conditions d’exercice de la profession », assène le Dr Marty.

En tentant de faire alliance avec le SML et la FMF, l’UFML espère créer un nouvel axe polycatégoriel face au « pendant » monocatégoriel formé par MG France d’un côté (chez les généralistes) et AvenirSpé/Le BLOC (chez les spés). Ces deux syndicats monocatégoriels sont arrivés en tête dans leur collège respectif (36,58 % pour MG France et 39,30 % pour Avenir Spé-Le BLOC).

Le syndicat craint que les tutelles (ministère, CNAM) ne voient que ces « deux grandes colonnes » et soient tentés par des conventions séparées. Mais jeudi, MG France s’est prononcé clairement contre cette hypothèse. Idem pour AvenirSpé-Le BLOC, joint par « Le Quotidien ».

Saupoudrage

Alors que trois négociations importantes attendent les syndicats (avenant n° 9 à la convention médicale, avenants aux accords conventionnels interpro CPTS et maisons de santé), l’UFML estime déjà que « le compte n’y est pas » sur les revalorisations prévues dans l’avenant 9 (visites, spécialités, soins non programmés). « On fait encore du saupoudrage. On vient de dégager 27 milliards pour l’hôpital et quelques centaines de millions d’euros pour les médecins libéraux. Clairement,on ne peut pas continuer à accepter ce sous financement », juge le Dr Marty.

Conscient que la situation financière de la Sécurité sociale sera grandement fragilisée à cause de la crise sanitaire, l’UFML espère d’autres soutiens du côté notamment des complémentaires santé représentés par l’UNOCAM. « Si on veut développer le soin, on doit ouvrir les possibilités et elle (l’Union nationale des complémentaires santé) doit accepter les mêmes règles que celles de l’Assurance-maladie. Il y a une sacralisation de l’indépendance du médecin. Le rôle d’un assureur n’est pas d’organiser le soin. »

Sur la télésanté (téléconsultation, télé-expertise), autre volet de l’avenant 9, l’UFML reconnaît que le développement de ces outils numériques est utile à condition d’éviter la marchandisation du soin. Le syndicat s’insurge de longue date contre le développement des

 

Egora

“Nous voulons que cette élection ait un sens politique” : après les URPS, l’UFML-S veut peser dans les négociations

Par Marion Jort le 16-04-2021

Syndicat représentatif depuis les élections professionnelles, l’UFML-S s’organise désormais pour peser dans les débats et les négociations. Représenté par le Dr Jérôme Marty, il entend défendre les médecins libéraux et prouver que “rien n’est inéluctable” dans les discussions conventionnelles.  

“On compte faire bouger les choses, pousser nos idées.” Pour sa première conférence de presse post-URPS, l’UFML-S, par la voix de son président, a mis les points sur les “i”. Nouvellement représentatif depuis les élections professionnelles, le syndicat a pour ambition de raviver la flamme du syndicalisme, trop délaissé par les praticiens. Lors du scrutin, en effet, le taux de participation n’a atteint que 22%, un score historiquement bas.

S’il estime que les syndicats historiques sont en grande partie responsable de ce désaveu, le Dr Marty veut faire passer le message aux médecins que “rien n’est inéluctable”, que tout est négociable dans le cadre des discussions conventionnelles. “On entend réellement changer les choses. Nous voulons que cette élection ait un sens politique”, a promis le généraliste.

Pour cela et suite aux élections professionnelles, l’UFML-S réfléchit donc à des alliances. Le syndicat est actuellement en discussion avec la FMF et le SML. Aux yeux du Dr Marty, une telle association est essentielle à la fois pour peser dans les négociations, mais également pour éviter le risque de scinder la convention en une convention pour les généralistes et une autre, pour les spécialistes.

Grands gagnants, perdants, abstention record… Le bilan des élections URPS-médecins 

En s’alliant avec les autres centrales polycatégorielles, cela permettrait, selon lui, de contrebalancer le pouvoir de MG France, qui a consolidé sa première place dans le collège des généralistes, et d’Avenir Spé, premier dans le collège des spécialistes. “On redoute que tôt ou tard, le politique voit deux grosses colonnes monocatégorielles et qu’on fasse deux conventions. Donc si on veut prendre position et faire bloc, il faut que l’on crée une vraie puissance polycatégorielle, qui réponde au bloc monocatégoriel”, analyse-t-il.

En ce sens, le syndicat réfléchit à la création d’une nouvelle structure, un peu à l’image d’un groupement d’intérêt économique dans les entreprises, afin que tous les syndicats puissent s’allier tout en conservant leurs spécificités. Mais, à l’heure actuelle, rien n’est engagé. “Il nous reste six semaines pour trouver des solutions pour les bureaux des différentes régions”, a rappelé le Dr Marty.

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