Contagion

On ne peut pas gouverner contre son peuple.

Cette simple évidence est à la base du mouvement auquel nous assistons. Dix millions de précaires, des millions de Français qui ne s’en sortent pas, ou qui voient leurs enfants se heurter à une société qui ne leur permet pas d’avoir main sur leur avenir.

Ce qui éclate aujourd’hui est une crise majeure débutée il y a plus de 30 ans.

Une fracture qui peu à peu s’est jouée entre les dirigeants et le peuple, entre la technostructure et le terrain.

Entre un monde feutré, restreint, macro-économique et des femmes et des hommes qui ne sont que micro-économie. La fracture avec l’institution (Partis politiques, relais de l’Etat, syndicat) est totale.

Emmanuel Macron a été élu sur cette fracture montrée par un sondage CEVIPOF de 2016 :

9 % des Français ont confiance en leurs leaders politiques.

Et dès son élection, sans différence, sans relais de terrain, il a rejoint les 9 %.

Dans la santé, pour nous soignants c’est la même chose : 30 ans de politiques sanitaires coupées du terrain, 30 ans de non-écoute, 30 ans pendant lesquels l’économie a primé sur le soin, 30 ans pendant lesquels les conditions de travail des aides-soignantes,  des IDE, des paramédicaux, des médecins, se sont dégradées.

Trente ans d’extension du pouvoir administratif, 30 ans de mise sous tutelle des professions de santé, 30 ans de fermetures d’hôpitaux, 30 ans de main-mise des fonds de pension sur l’hospitalisation privée, 30 ans de restructurations et de fermetures, 30 ans de destruction de maternités privées comme publiques, 30 ans de disparition des lieux d’exercices, 30 ans de multiplication des déserts médicaux, 30 ans de burn-out et de suicides de soignants, 30 ans d’un système qui ne marche que sur nos têtes !

Face à un monde qui s’effondre tout est permis.

L’UFML-S a alerté sur cette rupture que Marisol Touraine et aujourd’hui Agnès Buzyn ont personnifié plus encore que les ministres précédents.

Oui il y a urgence à réformer et à réformer tout : Syndicat, politique sanitaire, gouvernance, organisation du soin de la base au sommet.

Tout est à revoir. Pour avoir voulu faire une médecine sans médecins, le système a fait une France sans médecin, pour avoir voulu gouverner le soin par le mépris des soignants le système s’est coupé des soignants.

L’UFML-S porte à bout de bras ce changement global : donner aux soignants la voix de leur avenir. Si les jours prochains sont incertains, notre vision elle est claire.

Sachez-le : l’UFMLS porte ce changement et, quoiqu’il arrive, elle se placera en interlocuteur fort.

Dr Jérôme Marty Président UFMLS

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1 Commentaire
  1. ROUSSEAU JM 6 ans Il y a

    bonjour,
    je suis chirurgien orthopédiste à la retraite, et j’ai 71 ans.
    Votre analyse est tout simplement parfaite . Je fait précisément partie de la génération qui a vécu le naufrage de la Médecine , avec ces les multiples réformes et tout simplement de la France.
    De nombreux ont prévenu depuis 40 ans du naufrage…ils n’ont pas été écoutés….
    Nous avons été gouvernés et trahis depuis 40 ans,par des traitres et des aveugles qu’ils soient de gauche ou de droite.
    je vous souhaite bon courage.
    Et que vive la France.
    Nous avons été anéantis par ces technocrates hors sols, par ces énarques prétentieux qui ont pris le pouvoir, par ce libéralisme mondialiste

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