Une recertification pour chacun d’entre nous?

Agnès Buzyn veut recertifier les médecins.

Que doit on en penser?

Pour répondre à cette question ,il est bon en préalable de rappeler ces quelques points :

1/ Les médecins libéraux ne sont pas des officiers de santé, ils n’appartiennent à aucun corps d’Etat.

2/ Les rémunérations des médecins dépendent d’une enveloppe contrainte ou ONDAM fixée par l’état, qui depuis des années éloigne leurs tarifs de la réalité de leurs pratiques et alourdit la pénibilité de leur profession.

3/ L’épuisement professionnel atteint des sommets en particulier pour les médecins généralistes et le taux de suicide est de 2.5 fois la moyenne nationale.

4/ La pénurie de médecins, conséquence directe des politiques de santé successives (Baisse du Numérus Clausus, prime au départ en retraite anticipée, augmentation du temps de non soin, augmentation des charges, intrusion administrative, normes imposées, perte d’attractivité…) s’étend sur une grande partie du territoire.

5/ Les frontières s’effacent à l’heure de la globalisation, et l’exercice hors du territoire national devient possible au regard des difficultés à exercer en France.

Ces points posés, il est nécessaire de regarder également le modèle de certification des établissements de santé porté par la Haute Autorité de Santé : La certification a été obligatoire d’emblée, uniquement sanctionnante, sans lien « qualité-prix de journée ».

Son évolution : au début tous les cinq ans, puis tous les quatre ans ,puis tout au long de l’exercice payée par les établissements (directement ou indirectement du fait des pré-requis à mettre en place). La certification demande un investissement temporel toujours plus important et demande un engagement permanent des équipes de soin.

Le modèle est un modèle qui se complexifie dans le temps, et l’atteinte des objectifs est de plus en plus difficile. Les protocoles et les procédures sont au centre du système, la norme y est prépondérante. Après 20 ans de certifications, il est difficile de faire un bilan. Ce qui est sur, c’est que le mal être n’a jamais été si prégnant dans les établissements de soin.

Si la procédure et le protocole rassurent l’administratif, le patient lui, sent bien que le soignant voit sa pratique constamment impactée par des contingences et des injonctions qui l’éloignent du soin. Les interventions de différentes personnalités nous le rappellent: Patrick Chêne remercie ses soignants en vidéo
Ce qui est sur également , c’est que les bâtiments et le financement de la HAS se sont développés alors même que l’attractivité de la profession se réduisait, Y a t’il un lien? On peut de poser la question.

La Haute Autorité de Santé a été à plusieurs reprises éclaboussée par des scandales liés à des conflits d’intérêts manifestes , elle n’est donc pas exempte jusqu’à preuve du contraire de l’influence de l’industrie pharmaceutique.

La Haute autorité de Santé ne comporte plus de soignants libéraux en son directoire, il serait donc tout à fait incongru que cet organisme prétende expertiser la médecine libérale !

Pour l’ensemble des raisons invoquées plus haut : si la formation continue des médecins libéraux est une nécessité et est au centre d’un exercice de qualité elle doit rester aux mains de la profession, volontaire, et non sanctionnante.

lire le rapport de la DREES

Pour l’UFMLS ce rapport de confiance qui lie les Français à leurs médecins est la marque du ciment sociétal représenté par cette profession. Nul n’est besoin , pour des contingences réellement économiques et politiques et faussement sanitaires , de remettre en cause cette réussite française due aux médecins, à leur responsabilité et à leur professionnalisme.

Dr Jérôme Marty, Président UFML-S

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