Quand le président de l’UFMLS répond à la charge du président de France Assos Santé sur les médecins libéraux

Jérôme Marty Président de l'UFMLS

Dans un communiqué daté du 20 octobre le président de France Assos Santé vient de sceller et pour longtemps, le divorce de la structure qu’il préside avec les médecins de terrain.

Gérard Raymond ose promettre quatre années noires pour les patients face à une lettre de cadrage du ministre de la santé au directeur général de l’assurance-maladie qui : « ne prend pas la mesure de l’urgence à réorganiser en profondeur l’offre de soins pour répondre aux défis actuels » et se questionne : « le gouvernement oublie-t-il les intérêts des patients et des usagers pour ne retenir que les revendications tarifaires des médecins libéraux ? ».

Mr Gérard Raymond l’affirme :  » l’augmentation du prix de la consultation (est) sans effet sur l’amélioration de l’accès aux soins ». Cette affirmation est symbolique d’une pensée étriquée construite à force de fréquenter des cercles de responsables protégés qui jamais ne se confrontent à la réalité de l’exercice de la médecine de ville ou qui ont cessé depuis longtemps de s’y confronter. Pour ceux-là, la médecine de ville doit être composée de Caporaux de santé, bien obéissants, qui devront entrer dans des organisations coordonnées par une administration devenue experte au fil des réformes, dans le sabotage du système de santé.

Dans le monde de M. Gérard Raymond la médecine de ville est « historiquement atomisée », celui-ci imagine les médecins de villes, comme des espèces de ringards solitaire, sans aucun contact avec les autres professionnels de santé ou avec les structures hospitalières publiques ou privées environnantes à leur exercice.

Ce pays imaginaire M. Gérard Raymond en a fait sa réalité, et en un raccourcit dont seule sa méconnaissance du dossier a le secret, il en fait l’explication des difficultés d’accès aux soins rencontrés par les Français sur tout le territoire. Il veut transformer « l’exercice solitaire des professions libérales en exercice coordonné de véritables (sic) équipes de soins traitantes », les médecins apprécieront le fantasme mouillé du président des associations de patients : avoir de véritables équipes de soins traitantes ! Il est comme ça Gérard Raymond pour lui les médecins ne travaillent pas en équipe et si c’est le cas ces équipes ne sont pas de véritables équipes traitantes !

Pour concrétiser sa pensée Gérard Raymond appelle à : « Réinstaurer l’obligation d’adhérer et de participer à une CPTS et l’obligation de participation à la permanence de soins quel que soit le mode d’exercice des 2023 ». L’UFMLS rappelle que la loi Valletoux comportait en son sein : l’inscription par défaut de tous les médecins libéraux à une CPTS et l’obligation de participation à la permanence des soins. Ces deux articles ont été supprimés par la commission des affaires sociales du Sénat à la suite du mouvement de grève des médecins libéraux du mois d’octobre 2023. M. Gérard Raymond veut donc les réintroduire mais en allant plus loin : obliger les médecins à adhérer et à participer au CPTS. Pour la permanence des soins, Gérard Raymond va également plus loin, et demande sous ivresse dirigiste « une organisation conjointe des permanences de soins dans l’établissement de santé et en ville avec une obligation collective de résultat »

Gérard Raymond veut donc des médecins partout mais ne veut pas augmenter leurs tarifs, des médecins partout, obligés de participer à des CPTS mais ne veut pas augmenter leurs tarifs, des médecins partout, obligés de participer à des CPTS, présents tout le temps, mais ne veut pas augmenter leurs tarifs, des médecins partout, obligés de participer à des CPTS, présents tout le temps et avec obligation de résultats mais ne veut pas augmenter leurs tarifs !

A cet instant, il est permis de se demander si par hasard on n’aurait pas atteint le sommet du mépris, il n’en est rien, M. Gérard Raymond écrit : « si ces mesures indispensables ne se traduisent pas dans les négociations conventionnelles, elles devront avancer par voie législative », et prouve s’il en était besoin le peu de considération que celui-ci peut avoir envers notre système social basé sur le paritarisme. De façon plus claire encore Gérard Raymond écrit : « que le processus législatif garantissant la représentation de la société, beaucoup plus légitime pour porter de manière ambitieuse les questions de refondations du système de santé ne soit pas perturbé, amoindri ou bloqué, par ces négociations conventionnelles sectorielles avec les syndicats de médicaux libéraux » Pour paraphraser Gérard Raymond on pourrait écrire : négocier avec des médecins mais pourquoi faire ? Passons par le parlement, les médecins sont là pour obéir, et évoluer dans le système que nous aurons décidé pour eux…

Pour conclure et comme si cela ne suffisait pas Gérard Raymond dont on imagine le tout petit torse bombé prévient : en cas d’absence « d’avancées significatives » dans la future convention médicale, la fédération France Assos Santé réclamera « fermement » aux pouvoir exécutifs et législatifs de « remplir leurs missions avec des mesures législatives fortes »

L’UFMLS ne peut croire que Mr Gérard Raymond ignore ce qui a saboté notre système de santé et devant tant de mépris à l’endroit de celles et ceux qui, en médecine libérale portent le soin partout sur le territoire ose la question que chaque médecin se pose : Mr Gérard Raymond ne prendrait-il pas les médecins pour des cons ?

L’UFMLS rappelle à M. Gérard Raymond qu’à force de non-réévaluation des tarifs des actes, d’hyper administration, et de politiques qui ne créent que des acronymes et où ces acronymes tiennent lieu de réalité, notre système de santé, notre bien commun, notre joyau, est au sol.

Face au populisme social du président de France assos santé, structure très largement subventionnée, l’UFMLS rappelle que la hausse des tarifs des médecins permettrait de favoriser, la qualité des soins prodigués, l’attractivité de la profession, donc les installations, et donc de faciliter l’accès aux soins. L’augmentation des tarifs est donc, précisément dans l’intérêt des patients.

L’UFMLS le dit clairement, M. Gérard Raymond est disqualifié pour parler de santé. Nous sommes médecins nous voyons chaque année quatre fois la population française dans nos cabinets de consultations et nous pouvons l’affirmer : aucun patient ne tient le discours de M. Gérard Raymond. Les patients avec qui nous construisons le soin chaque jour sur tout le territoire savent la fragilité de la médecine de France et l’engagement des médecins qui la portent et la font vivre au plus près d’eux.

L’UFMLS n’attend aucune excuse de M. Gérard Raymond, elle le laisse à ses réunions feutrées du CESE, où il siège pour France Assos Santé, tout en portant le rouge à la boutonnière des bons serviteurs de l’état…

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

©2024

Ouvrir la discussion
1
Besoin d'aide ?
Scan the code
Bonjour,

comment puis-je vous aider ?

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?