Chronique d’un échec annoncé

Jerome Marty

Jerome MartyNos chers syndicats ont, et c’est historique, osé l’union : c’est un net progrès…

Ce qui ne l’est pas c’est la réalité, vous savez celle qui est derrière le rideau… D’une même voix ils ont dit et écrit : honoraires complémentaires pour tous !

Mais : pour les uns, les honoraires complémentaires sont déjà largement pratiqués et leur extension est indispensable (BLOC), pour d’autres ils ne le sont que peu et ce serait justice de les étendre à tous (FMF SML), pour d’autres, (CSMF et MG-France) les honoraires complémentaires doivent être sociaaaaaaaaaal et donc dépendre de l’extension du CAS, contrat tueur de secteur 2, (engagement à baisser sa part d’honoraires complémentaires chaque année, à respecter la moyenne régionale des dépassements, à ne pas dépasser 100 % du TO de dépassement, seuil contractuellement en baisse chaque année). Le CAS est remboursé préférentiellement par les organismes complémentaires au détriment du S2, les complémentaires bénéficiant d’une fiscalité avantageuse pour ce remboursement.

Autrement dit, la CSMF et MG-France, en connaissance de cause, créent le premier réseau de soin médical et acceptent le principe d’une escroquerie sociale sans précédent : offrir un cadeau fiscal à des complémentaires pour qu’elles remboursent moins bien les assurés (pas de prise en charge des médecins en S2 hormis à cotiser à une sur-complémentaire) tout en gardant les mêmes tarifs de cotisations voire même en les augmentant ! En d’autres termes, ils défendent un espace social de ” liberté tarifaire”  en construisant une inégalité sociale à grande échelle ( “liberté tarifaire” vous savez, ces mots valises que l’on utilise pour faire croire que l’on transporte à l’intérieur de grandes idées alors qu’il n’y a que de vieux dessous malodorants).

Nicolas Revel, grand serviteur de l’Etat, est plus à sa place que jamais du fait de l’installation d’une loi qui fait de lui le responsable de l’application des directives de l’Etat (l’assurance maladie par la loi de modernisation de la Santé a désormais pour mission de veiller à l’application des décisions de l’Etat, responsable de la politique de Santé), un “papa-m’a dit” roi des négociations conventionnelles dont le cadre est désormais défini par celui-là même qui lui donne des ordres. Nicolas Revel refuse ce que demandent les syndicats et l’écarte d’un geste qu’on imagine altier, image habituelle d’une France qui n’en a pas fini avec les réflexes de la royauté …

Le fait que l’Assurance maladie ne soit en rien concernée par la part complémentaire ne trouble personne ; le grand commis de l’Etat, en sa posture de grande noblesse de Cour, tranche. Cela suffit pour explication.

Fabrice Henry, le représentant de l’UNOCAM, s’y oppose lui aussi. Ses raisons sont, elles, celles du marché : le médecin doit être encadré et sa pratique soumise à contrôle afin de tenir la dépense, ses honoraires complémentaires diminués contractuellement et la fiscalité de la complémentaire digne du rocher…Fabrice en veut plus, il est prêt à étudier une hausse des honoraires en secteur 1 qu’il ne rembourse que peu, et à limiter les “dépassements par le CAS”. Le calcul est magnifique : dépenser moins, toucher plus….le marché vous dis-je…

La chronique d’un échec annoncé est en route, le premier acte est déjà plus que significatif. Certes le rideau de l’union est là, mais le vent souffle et déjà il se lève…

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