Conventionnement sélectif : le sénateur Maurey frappé par la canicule

Communique de presse

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Canicule : La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable frappée de plein fouet par un coup de chaleur renforce la loi de modernisation de la santé et décide de généraliser les déserts médicaux à tout le territoire par la disparition de la médecine générale.

Rappel : la loi de Santé donne aux ARS la responsabilité de la répartition homogène territoriale de l’offre de soins et met fin à la liberté d’installation, pilier de la médecine libérale, par la contractualisation individuelle des médecins avec les ARS.

Cet article de loi, maintes fois dénoncé par l’UFML comme liberticide et destructeur n’a pas échappé à Mr Hervé Maurey, sénateur UDI de l’Eure, connu des médecins pour avoir commis il y a 2 ans un rapport en février 2013 sur les déserts médicaux (http://www.senat.fr/rap/r12-335/r12-335-syn.pdf) auquel l’UFML avait répondu : (http://ufml.fr/actualites/mot-du-president/1070-rapport-deserts-medicaux-agir-vraiment-pour-l-ufml-ce-rapport-est-nul-et-non-avenu.html) avec Jean Luc Fichet, sénateur PS du Finistère, renvoyé dans sa circonscription par une alternance de façade au regard des propos de monsieur Hervé Maurey : « Les dispositifs de conventionnement sélectif ont largement fait leurs preuves, Il n’y a que pour les médecins qu’ils  n’existent  pas ! Si on ne le fait pas, il y aura un jour des drames de santé publique. Le but, ce n’est pas de satisfaire les médecins mais l’intérêt général. Il est temps d’arrêter les mesurettes et d’aller plus loin… »

Il est bon de préciser à cet instant que Mr Maurey a essayé d’imposer le salariat des médecins dans la localité dont il est l’édile, appliquant ainsi à la lettre la proposition n°10 de son rapport de 2013 : « Développer lorsque cela est nécessaire des formes de médecine salariée, en confortant les centres de Santé et en mettant en place une offre de soins ambulatoires assurée par des remplaçants salariés dans les zones fragiles. »
Echec total, aucun médecin salarié ne s’est installé à Bernay ! Mais pour Hervé Maurey, cela valide le principe de la coercition, ils ne sont pas venus parce qu’on ne les y a pas assez obligés !

« Le département de l’Eure est le dernier en matière de démographie médicale » s’exclame-t-il dans le quotidien local, avant que d’être atteint de cette fulgurance « on a jamais eu autant de médecins mais aussi autant de trous dans la carte des territoires médicaux. C’est donc bien un problème de répartition ».

Cette évidence digne de Bouvard et Pécuchet construit tout son raisonnement ; c’est la base même du piège mortel dans lequel il veut enfermer patients et médecins.
Et, pendant que la maison médecine libérale brûle sous les regards détournés des responsables politiques, Mr Hervé Maurey jette en conscience de l’essence sur l’incendie.

Peu lui importe que le taux d’installation des médecins au sortir de la faculté s’effondre, alors que le vieillissement de la population médicale montre cruellement l’échec des politiques sanitaires successives, peu lui importe que cette désaffection soit liée elle aussi aux résultats des décisions des femmes et des hommes en charge de la politique de santé. Lorsque le maître d’hôtel crache dans l’assiette, il est rare qu’il trouve preneur, c’est ainsi, mais ce que chaque Français conçoit, Mr Maurey, comme notre ministre Marisol Touraine et bien d’autres, cyniquement, le masque en inversant conséquences de ses actes et causes, les médecins devenant de fait responsables des déserts médicaux.

Ce point est important, crucial même, il explique la construction du raisonnement : si le médecin est responsable, point n’est besoin de revalorisation tarifaire, c’est ainsi que Monsieur Hervé Maurey déclare « C’est ce qui se fait en Allemagne pour les médecins …. » en omettant volontairement de préciser le tarif de l’acte de base en Allemagne (une Allemagne qui depuis la mise en place du TPGO assiste à un exode non négligeable de ses médecins, mais c’est une autre histoire…)

Si le médecin est responsable des déserts, point n’est besoin non plus de se poser la question de l’existence de la multiplicité des déserts médicaux : ruralité profonde, banlieues difficiles, centres villes onéreux, villes de taille moyenne et sous-préfectures…
Si le médecin est responsable, il est coupable, et la sanction trouve toute sa justification ! Et Jean François Longeot, élu centriste du Doubs de s’exclamer « Il existe des écarts de densité de un à quatre entre l’Eure et Paris. L’exode médical s’aggrave. La liberté d’installation sacralisée n’est pas compatible avec l’aménagement du territoire. Il est grand temps d’arrêter de céder au lobby des médecins et d’écouter ce que disent les gens. »

Le lecteur remarquera que pas une fois les responsables politiques sus-cités n’imaginent qu’une des solutions pourrait être de laisser s’installer des médecins non conventionnés dans ces zones sous-dotées, à charge pour l’Etat et les organismes financeurs de jouer pleinement leur rôle par la prise en charge des dépenses de santé de population ; médecins qui, par leur présence, permettent à de nombreux territoires de rester vivants.
Le lecteur remarquera à cet instant l’exemple cité de l’Eure, région d’Hervé Maurey, où la responsabilité des médecins trouve son utilité pour masquer les errements et les échecs personnels d’un homme. Hervé Maurey est rapporteur du groupe de travail sur la présence médicale sur l’ensemble du territoire de la commission du développement durable, des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire du Sénat depuis 2012.

Le manque cruel de médecins dans l’Eure ferait-il tache sur le CV de Mr Maurey au point de l’amener à disjoncter à ce point ?…
Disjoncter : le mot n’est pas trop fort, au regard de la fragilité du système sanitaire français et de la gravité du moment.
Alors que la loi de modernisation de la Santé a fait le choix d’étatiser la médecine en donnant la responsabilité de la politique de santé à l’Etat et ouvre toute possibilité de financiarisation des soins par le désengagement de la Sécurité sociale et l’accroissement du poids des complémentaires, à l’heure où les médecins dénoncent, unanimement, la fin de leur liberté de pratique et de leur indépendance de décision, Mr Maurey et les membres de sa commission en demandent  plus « Il est grand temps d’arrêter de céder au lobby des médecins et d’écouter ce que disent les gens. »
Fermez le ban… accusés,  levez-vous : Coupables !  

Mort de la médecine générale libérale, exode annoncée des jeunes vers des contrées où l’on respecte les médecins, où l’art du défaussage ne fait pas une politique, où la liberté l’indépendance de la médecine ne se dilue pas dans l’intérêt politique et financier et où la médecine individualisée n’est pas piétinée par  l’intérêt économique collectif.

L’UFML rappelle que la coercition est déjà inscrite dans la loi quoiqu’en dise la ministre Touraine qui ne manquera pas de s’opposer la main sur le cœur à cette proposition alors même qu’elle donne aux ARS la responsabilité de la répartition homogène territoriale de l’offre.

L’UFML en appelle à la responsabilité de l’opposition, l’heure est décisive, la loi de modernisation de la Santé ne peut qu’être combattue, les délires caniculaires de la commission  Maurey doivent être stoppés au plus vite.

Dr Jérôme Marty
Président de l’UFML

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