Plan dépendance : demi mesure au milieu du gué

article   Le Quotidien du médecin 

 

Il y aura une infirmière de nuit joignable et d’astreinte pour tous les établissements en 2020. IL s’agit de postes mutualisés.

Cette mesure emblématique du plan pour mieux prendre en charge la dépendance présentée par Agnès Buzyn le 30 mai va certes dans le bon sens mais pas assez loin, il pourrait s’écraser sur  le mur de la réalité des pratiques à l’intérieur des EPHAD.

Un exemple des problèmes  entraînant les hospitalisations de personnes âgées résidentes en EPHAD est l’impossibilité de placer et de surveiller un traitement IV la nuit. Une infirmière mutualisée  risque de ne pouvoir remplir cette mission que partiellement.

 

C’est donc une solution très parcellaire, l’impact du troisième voire du quatrième âge institutionnalisé sur les centres d’urgences n’est pas en continu mais survient lors d’épisodes de rupture  tels que : épidémies, canicules et autres situations. Une infirmière mutualisée entre 3 ou 4 structures voire plus, ne pourra que limiter de façon très parcellaire les hospitalisations pour des décompensations de personnes âgées le plus souvent poly pathologiques, ce type de  cas-là représentant  plusieurs résidentes  ou résidents par établissements. La surveillance nécessitée est dès lors souvent quasi continue devant le nombre de patients  fragilisés (quand vous avez fini d’un côté il faut recommencer, les infirmières et les aides-soignantes savent bien cela) et ce déjà pour  un établissement alors  pour plusieurs …

Ce qui est possible avec difficulté le jour, devient impossible la nuit sans infirmière mais restera très difficile avec une infirmière mutualisée.

Il y a d’autres solutions possibles non abordées dans le plan de la Ministre comme le développement de partenariats avec le réseau  des structures SSR (soins de suites réadaptation polyvalents ou à spécialité personnes âgées poly pathologiques et dépendantes) à même de recevoir ce type de patients en entrée directe le temps de l’épisode de fragilité et ce, sur une courte période avec un tarif dédié. Ces établissements maillent le territoire et sont souvent au cœur de réseaux d’EPHAD, ce qui éviterait aux familles de longs et difficiles déplacements.

Coté médecins, le plan propose de débloquer 40 millions qui permettront aux EHPAD de « rémunérer directement des médecins généralistes » et des auxiliaires médicaux dans les deux ans qui viennent.

De quels médecins s’agit- il ? De quelles rémunérations?

S’il s’agit des médecins coordonnateurs rappelons qu’il n’y en qu’un par établissement et que leur rôle n’est pas de prescrire en lieu et place des médecins traitants s’il s’agit d’une tarification dédiée pour l’intervention des médecins généralistes, qui tient compte de l’ensemble des paramètres de la mission, alors cela va dans le bon sens.

Il reste à préciser ce qu’est réellement un auxiliaire médical…

Sur le développement de l’HAD, l’UFML-S rappelle que dans la pratique courante ces structures coûteuses ne couvrent pas toujours, loin s’en faut la période vespérale ou nocturne, le relai étant alors souvent pris par les équipes médicales et paramédicales libérales …

Le plan prévoit de généraliser (excusez du peu) l’accès à la télémédecine en EHPAD d’ici à 2022, une mesure chiffrée à 40 millions d’euros sur cinq ans.  Nous sommes dans ce cas de figure au sein d’une pensée magique, en effet, équiper la totalité des EPHAD serait effectivement un progrès, mais qui sera au bout du flux numérique? Quelles équipes ? A quel moment ?

Le retour terrain national de l’UFML-S sur les délais d’obtention de consultations auprès de centres de lutte contre la douleur montre des temps d’attentes de 2 mois en moyenne…Et il s’agit là de consultations spécialisées.

La file active en demande de ce type d’acte pourrait augmenter du fait d’un paramètre non médical en effet les médecins de villes sont rémunérés  lors de leurs interventions par les directions des EPHAD, dès lors le risque est de voir  certaines directions favoriser l’écran…. moins coûteux… multipliant les demandes, et augmentant les temps d’attente. Pour rappel 30 % de postes de praticiens hospitaliers sont manquants à l’hôpital public, et  les médecins en activités  sont débordés… il  y a donc bien en l’espèce une sorte pensée magique …

Pour l’UFML-S l’urgence est à la réalisation d’un choc d’attractivité de la médecine libérale, seul à même de permettre une augmentation des installations  et donc des interventions au sein des EPHAD.

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